Variances



Variances n°10


Economie et stratégie du monde audiovisuel

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Interview de Bruno Delecour Président de CANAL SATELLITE
 

Comment CANAL SATELLITE se porte-t-il ?

Bruno Delecour : Bien et nous commençons à avoir une offre extrêmement fournie. Nous proposons 46 chaînes ou services francophones, 18 chaînes étrangères, 48 radios et nous avons une liste impressionnante de services interactifs.
Cette richesse de l'offre nous permet, pour chacun des grands genres de le télévision, proposer 2,3 ou 4 chaînes...
Par exemple, nous avons 4 chaînes de cinéma, 3 chaînes musicales, 4 chaînes, 3 chaînes pour enfants, 4 d'information...
Cette offre va être enrichie d'ici la fin de l'année avec au moins 4 chaînes supplémentaires ﷓ «Demain !», consacrée à l'emploi et à la formation ; « Comédie», une chaîne d'humour créée par Dominique Farrugia ; « 13ème Rue», spécialisée dans l'action et les aventures policières, et «Fox Kids» pour les enfants.
CANALSATELLITE propose également un service de payper-view ?
Bruno Delecour : Vous pouvez soit acheter des programmes à l'unité qui sont en général des programmes événementiels : c'est le payer﷓view, qui propose du cinéma avec tous les genres Tee cinéma, des films récents, des films un peu plus anciens, le tout programmé sur 11 canaux. Ce sont a -



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Figure n°1 :


ussi des événements sportifs avec chaque année de championnat de France de football : 8 matchs diffusés en direct et en simultané et que l'abonné peut acheter soit à l'unité, soit la totalité des matchs. Et puis depuis le début du mois de mars, le championnat du monde Formule 1 est proposé dans une formule inédite qui est une première mondiale : 7 caméras pour 7 visions différentes de la course.

Vous venez de réaliser une étude sur vos abonnés : qui sont-ils ?

Bruno Delecour : C'est une population assez jeune, 60% ont moins de 50 ans, et ils sont plutôt bien équipés : 94% ont un magnétoscope et 42 % un micro﷓ordinateur. La plupart habitent des petites villes où il n'y a pas de câblo-opérateur et où les activités culturelles et es spectacles sont rares.

Vous avez diffusé cet été une publicité interactive pour Audi : quel bilan dressez vous de cette expérience ?

Bruno Delecour : Nous avons été les premiers en Europe à lancer ce type de publicité interactive. L’objectif était d'en vérifier faisabilité technique et l'intérêt commercial. L’expérience a été plus que satisfaisante puisqu'elle a généré un nombre -



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Figure n°2 :


de connexions extrêmement important. Ce type de communication interactive devrait être amené. à se développer très fortement dans l'avenir. Si le numérique permet de consulter des informations plus ou moins associés aux programmes, il permet également une réelle interactivité : réagir, passer une commande, demander des informations complémentaires...

Les abonnés sont-ils intéressés par les services interactifs ?

Bruno Delecour : Le numérique offre tout un champ de possibilités que nous explorons avec les industriels qui fabriquent les terminaux. Il permet de transporter des images, des sons et des données informatiques. Il rend possible de véritables applications interactives. Mon téléviseur et ma télécommande me permettent de regarder aussi bien des programmes que de consulter des banques de données. La boite noire qui permet toutes ces possibilités est le terminal numérique. Grâce aux systèmes de contrôle d'accès et d'interactivité, le Mediasat est un véritable boîtier multi-fonctions, il permet de choisir son film en VO ou en VF, naviguer dans le bouquet grâce au pilote, connaître tous les programmes grâce au guide des programmes, payer directement un film ou un -



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Figure n°3 :


achat par carte bancaire... Le terminal, qui est équipé d'un modem téléphonique, permet au téléspectateur e brancher son micro﷓ordinateur sur le réseau internet. A plus long terme, il permettra d'accéder à Internet sur le téléviseur sans que le consommateur ait besoin de faire un chèque pour s’équiper d'un micro﷓ordinateur. Le terminal numérique permet le téléchargement de fichier par satellite.

Depuis votre création, deux concurrents se sont installés (TPS et ABsat), chacun proposant un décodeur différent, est-ce sérieux ?
Bruno Delecour : Nous avons conclu un accord avec ABsat et les câblo-opérateurs. TPS le refuse et je le déplore dans l'intérêt des téléspectateurs. Ceux-ci sont exigeants car ils payent ! Et nous sommes les seuls, grâce à CANAL+, à avoir une expérience de relation avec les abonnés. Au fil des mois, nous enrichissons les fonctions des décodeurs à distance.

Sur quel terrain la concurrence se jouera-t-elle le plus ?

Bruno Delecour : C'est sur les contenus que se jouera la concurrence, nos meilleurs arguments sont la qualité des programmes, et d'autre part, le service aux téléspectateurs pour les a -



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Figure n°4 :


ider à choisir leur programme notamment avec es g des interactifs. Les services interactifs pourront ensuite être un terrain de concurrence. Nous préparons aussi un accès Internet via la télévision qui se fera avec un matériel simple et peu coûteux, c'est à dire un clavier alphanumérique à infra rouges.
Le bouquet numérique de CANAL SATELLITE ne risque-t-il pas à terme clé «connibaliser» CANAL+ ?

Bruno Delecour : D'abord, CANAL+ n'est plus seulement une chaîne hertzienne analogiques. C'est devenu un service numérique à part entière, diffusant trois versions de son programme : l'abonné peut choisir un Film au lieu d'un match ou regarder Nulle Part Ailleurs à 22h3O s'il ne l'a pas vu plus tôt dans la soirée. CANAL+ restera la chaîne de l'événementiel et de l'exclusif: le cinéma inédit, le sport, un ton et une humeur très particuliers. Le bouquet par satellite, offre, lui, la quantité et la liberté : la possibilité de regarder ce que je veux quand je veux. Il n y a pas de cannibalisation, il y a complémentarité. Sur 100 personnes qui s'abonnent à CANALSATELLITE, 55 étaient déjà abonnés à CANAL+ ; 15 ont pris CANAL+ à cette occasion et 30 n'ont pas CANAL+.
La marque CANALSATELLITE est a -



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Figure n°5 :


ujourd'hui exportée telle quelle en Espagne, et le groupe CANAL+ lancera cette année deux autres plates-formes numériques, en Italie et en Scandinavie. Quels sont aujourd'hui les qualités de cette marque et la spécificité de votre savoir-faire ?

Bruno Delecour : Je pense que la première caractéristique de notre démarche, c'est gué nous donnons la priorité aux contenus dans notre réflexion. La qualité et le packaging du contenu augmentent la fidélisation et favorisent le ouche à oreille. Or c'est la clé du succès à long terme. La seconde c'est le fait d'avoir une plate-forme technique complète, de l'encodage jusqu'au terminal chez l'abonné et d avoir travaillé depuis longtemps avec les industriels pour mettre au point un terminal dont le coût est maîtrisé et dont toutes les fonctionnalités sont utiles. C'est grâce à cet acquis technique que nous avons pu démarrer si rapidement en Espagne et que nous pourrons nous lancer en Italie et en Scandinavie au cours du troisième trimestre 1997. Enfin, sur le plan marketing, nous avons pu, en trois ans d'exploitation en analogique et en un an de numérique, tester toute une palette d'outils dont nous pouvons ire profiter les autres plates-formes.


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