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15 septembre 2003

Philippe Perret Ensae 86

Philippe Perret Ensae 86 directeur administratif et financier Natio-Vie


Philippe Perret, vous êtes entré à Natio-Vie directement après l'Ensae ?

Oui, même si au départ je ne pensais pas spécialement travailler dans le domaine de l'assurance. Au cours de la dernière année à l'Ensae j'avais préparé simultanément un DEA d'analyse macro-économique. J'envisageais sérieusement de m'orienter vers une carrière d'économiste, voire de passer une thèse. Après le service militaire j'ai eu plusieurs propositions pour des fonctions d'économiste, et une proposition plus financière. Celle-ci émanait de Natio-Vie, la compagnie d'assurance vie filiale de la BNP. On m'y proposait un poste de gestionnaire obligatoire que j'ai finalement accepté.

Qu'est-ce qui vous a en fait déterminé à entrer chez Natio-Vie?

Natio-Vie était encore une petite société, qui avait été créée en 1980 et comptait alors une quarantaine de personnes. En 1987, elle commençait cependant à connaître un certain essor, avec à sa tête une nouvelle équipe de direction, en place depuis un peu plus d'un an. C'était donc une société encore jeune, qui semblait avoir des perspectives de développement importantes et c'est ce qui m'a déterminé à y entrer. Je pensais également qu'une petite structure m'offrirait plus d'indépendance et la passibilité d'accéder plus rapidement à des responsabilité intéressantes.

Vous y avez donc démarré en tant que gestionnaire obligataire ?

Pendant deux ans, rattaché au directeur financier, j'ai commencé par assurer la gestion du portefeuille obligataire, qui à l'époque n'était pas encore très important , mais constituait 90 % du portefeuille d'actifs.

Comme les actifs de la société augmentaient et se diversifiaient, avec un chiffre d'affaires qui progressait assez rapidement, il m'a été confié en 1989 l'ensemble de la gestion financière: obligations, actions et produits dérivés. J'avais donc la responsabilité d'une petite équipe de trois personnes.

À cette époque j'ai beaucoup travaillé sur la construction des outils informatiques de la société, des outils de suivi des titres et des positions sur les marchés financiers. Je l'ai fait en collaboration avec l'équipe informatique de NatioVie, car il avait été décidé de travailler en interne, avec l'aide d'un consultant extérieur.

Même si nous avons mis quelque temps à construire un système satisfaisant, c'est aujourd'hui une assez belle réussite, puisque nous disposons d'un système de gestion des titres efficace et évolutif.

LI Deux ans après vos responsabilités s'élargissent encore...

Effectivement puisqu'en 1991, il m'a été rattaché un service qui s'appelait assez improprement « Contrôle de gestion ». il a d'ailleurs été rebaptisé Études et Prévisions, peu de temps après, ce qui correspondait beaucoup mieux à ses activités qui. consistaient à mener des études sur le bilan, des études prospectives de rendement des contrats, à établir des tableaux de bord ... tout cela pour la gestion stratégique à moyen terme.

En 1991 , le directeur financier a quitté la société, et j'ai été rattaché directement à la direction générale. Au début de l'année suivante, en 1992, j'ai été nommé Directeur financier.

Vous gardiez toutes les fonctions que vous exerciez jusque-là ?

Oui, je conservais la responsabilité du service de la gestion financière, qui avait connu un certain développement, l'équipe comprenant alors six personnes. J'avais également la responsabilité du service Études et Prévision que nous avons fait évoluer en le transformant en Études et Actuariat.
Il s'agissait de doter Natio-Vie d'un véritable secteur technique, pour tout ce qui concerne le montage technique et financier des contrats. Auparavant l'activité était effectuée de façon un peu éclatée, la direction générale s'occupant, par exemple, directement de la tarification.
Après avoir moi-même passé le diplôme d'actuaire en parallèle à mes activités et en retournant d'ailleurs à l'Ensae, j'ai commencé à m'occuper du montage des nouveaux contrats, recrutant ensuite quelques actuaires pour étoffer le service. Je me suis occupé également du développement de la gestion actif/passif, à laquelle nous avons commencé à porter beaucoup d'attention. Par ailleurs, nous avons continué à mener les études bilancielles et de prévision des grands agrégats.
J'ai exercé ces fonctions jusqu'à la fin 199,4 puisqu'une réorganisation importante est intervenue au début de l'année 1995.

C'est à cette date que vous devenez directeur administratif et financier?

Oui, la réorganisation avait pour objectif de donner une vue plus globale de la société aux deux principaux directeurs, le secrétaire général d'une part et le directeur administratif et financier d'autre part, poste que j'occupe depuis quelques mois.
Cela s'est effectué par le biais d'un échange de responsabilités: j'ai pris celle du département administratif tout en conservant la gestion financière, le secrétaire général prenant en charge, pour sa part, la responsabilité du



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Figure n°1 : Philippe Perret


service Études et Actuariat.

Deux services qui ne sont pas tout à fait de même taille ?

Les effectifs du département administratif sont beaucoup plus importants, puisqu'il compte une cinquantaine de personnes.
Il regroupe en effet plusieurs services: l'organisation, la gestion des contrats, la gestion des prestations, le backoffice, les études juridiques, les services généraux et enfin l'assistance au réseau. Je dois préciser que les produits de Natio-Vie sont distribués par le réseau de la BNP. Notre direction commerciale assure la formation des vendeurs dans les agences, alors que le service d'assistance au réseau assure un soutien sur tous les problèmes administratifs ou juridiques qui peuvent se présenter.

Les différentes étapes de votre parcours au sein de la société vous ont donné l'occasion d'un apprentissage progressif du management..

J'ai eu ma première expérience de management avec la petite équipe de trois personnes que je dirigeais à la gestion financière. Dans ce cadre j'étais extrêmement proche des collaborateurs, pouvant suivre tout ce qui se passait. Quand j'ai eu une dizaine de personnes sous ma responsabilité les choses ont été un peu différentes. Je suivais déjà moins directement le travail quotidien, déléguant une partie de l'activité à mes adjoints. Il restait néanmoins une assez grande proximité avec chaque collaborateur.
En prenant la responsabilité du département administratif, avec les 50 personnes qu'il regroupe, je vis une vraie rupture dans l'exercice du management. Je suis bien sûr obligé de déléguer, j'ai deux adjoints, et il faut trouver les solutions pour être informé régulièrement sur ce qui se passe et être alerté rapidement en cas de besoin. Il est indispensable de mettre sur pied des systèmes de reporting efficaces, suffisamment légers cependant afin de ne pas étouffer l'initiative.

Avez-vous bénéficié par ailleurs d'une formation spécifique au management?

J'ai suivi l'an dernier une formation au management, accordée par la BNP à tous les cadres du groupe qui atteignent un certain niveau. Une formation assez intense, assurée par HEC, qui apporte un éclairage intéressant sur la gestion des ressources humaines, qui donne l'occasion de prendre un certain recul par rapport à ce que l'on vit quotidiennement. C'était intéressant, d'autant plus que l'on y côtoie des gens de tous les secteurs de la banque.
Néanmoins je crois que l'apprentissage sur le terrain reste le plus déterminant.

Finalement, le choix que vous avez fait au début de votre carrière s'est révélé judicieux!

En tous cas, le développement de la société sur lequel il avais misé a été au rendez-vous. Natio-Vie est aujourd'hui en 7e position des assureurs vie français, avec un chiffre d'affaires de 16 milliards de francs.
J'ai trouvé également une grande souplesse dans cette société qui avait la taille d'une grosse PME, et j'ai beaucoup appris en ayant la possibilité de travailler dès le début avec le directeur général sur certains dossiers. Aujourd'hui, même si la société compte 1 40 pgrsonnes, elle reste très réactive et elle garde un dynamisme partagé par tous.

Vos nouvelles responsabilités administratives vous éloignent définitivement des questions techniques?

La responsabilité du département administratif, m'amène à exercer un métier différent de celui que j'avais lorsque j'étais directeur financier. Aujourd'hui, je vois tous les aspects de l'assurance, avec parfois des choses extrêmement pratiques à régler. Je garde néanmoins la responsabilité du département financier, et dans ce domaine je m'efforce d'entretenir des liens avec les milieux où se mène une réflexion théorique. Nous accueillons souvent des stagiaires d'écoles ou d'université en fin d'études, et je participe aux travaux de l'association française des gestionnaires d'actif passif. J'ai été par ailleurs à l'origine de la création d'un groupe de travail des directeurs financiers des établissements de la banque-assurance.

Rétrospectivement, comment évaluez-vous l'intérêt spécifique de la formation Ensae?

L’Ensae offre l'avantage d'une formation équilibrée. Très pointue sur un certain nombre de domaines, elle est cependant assez large, couvrant aussi bien l'économie, les statistiques, la finance... Les aspects modélisation et optimisation s'avèrent particulièrement importants pour comprendre assez rapidement les marchés financiers. À une vision économique globale s'ajoute l'apprentissage de la mise en équation et de l'approche rigoureuse des problèmes. C'est un avantage certain, notamment par rapport aux formations de type École de Commerce.

Au-delà de la formation de base qui estessentielle, je crois que le profil humain est très important. J'ai eu à recruter un certain nombre de personnes, et j'attache beaucoup d'attention aux capacités qu'elles ont à s'adapter et à s'intégrer. Pour constituer des équipes, dans une petite structure en particulier, il faut vraiment que les gens aient envie de travailler ensemble.

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